
Beaucoup d’auteurs et de psychologues se sont penchés sur le phénomène et pour ne retenir qu’un avis, voici ce que dit Jean Marie Delassus à ce sujet :
- C’est un temps d’attente et de vacillement où le tout comme le rien peut arriver, un temps pendant lequel se met en place la relation : «c’est un gué, un passage délicat plutôt qu’un simple état passager» (Psychanalyse de la naissance).
- Un temps d’ajustement (toujours selon Jean marie Delassus) : Après avoir passé neuf mois d’intimité avec son enfant et de retrouvailles avec la mémoire de son corps, après avoir entrepris un véritable voyage intérieur, la mère se retrouve dans un autre pays et rencontre enfin son bébé :« Il était en elle, et maintenant, il est « hors » d’elle. La maman flotte, se sent bizarre .Elle a changé de fuseau du coeur et se trouve en décalage avec le monde extérieur. Une lame de fond la submerge Elle ne reconnaît plus son identité habituelle, elle connaît mal sa nouvelle identité. Des larmes peuvent jaillir, la tristesse et le doute l’envahir…» Ses deux identités s’entrechoquent dans ce moment immédiat du post-partum…
* Bien qu’aucune recherche n’ait abouti jusqu’à présent pour en conclure à
une cause hormonale dans l’épisode du baby blues « Psychopathologie de la
périnatalité » de Jacques Dayan.
Retenons surtout à propos du baby blues:
- Qu’il n’est à priori en rien pathologique.
- Qu’il touche 50 à 70 % des accouchées (taux variable selon les statistiques et leurs critères de sélection et définition).
- Qu’il débute en général à partir du 3ème jour au 12e jour après la naissance
- Que c’est sa brièveté et son intensité « supportable » qui le caractérisent et le différencient de la dépression du post-partum.
Ses caractéristiques:
- Les troubles du sommeil (dans des proportions non inquiétantes) dus à plusieurs choses : rythme des réveils du bébé, épisiotomie, péridurale, montée de lait…
- La labilité de l’humeur : passage rapide et déconcertant de l’euphorie à la tristesse.
- Les pleurs et crises de larmes par intermittence, la tristesse en pointillés.
- Des sentiments « gérables » de doutes, d’ambivalence et de crainte, vis-à-vis de son bébé.
- Une hypersensibilité aux critiques comme aux remarques anodines.
- Une réaction forte aux évènements extérieurs.
- Un sentiment de frustration ou d’échec au moindre obstacle, une irritabilité inhabituelle.
- Le sentiment fugace d’être devenue étrangère à sa vie.
- Des doutes sur ses capacités à devenir une bonne mère, à savoir répondre aux besoins de son bébé.
- Quelques troubles mnésiques discrets (mémoire immédiate).
- Sentiment d’étrangeté déconcertant vis-à-vis de son corps et de celui du bébé.
- Hyper vigilance* et hyperactivité* mais qui ne durent pas (* attention signe possible d’un effondrement lorsque la mère ne veut pas lâcher prise, lorsqu’elle lutte).
Le baby-blues est donc un évènement transitoire qui ne dure que quelques
jours*.
On lit parfois qu’il diminue avec l’apparition d’un rythme plus régulier de vie
chez son enfant : Nous nous garderons de minimiser des troubles qui iraient
au-delà de ce temps « réglementaire », un bébé pouvant mettre plusieurs
mois pour faire ses nuits.
* Dans le cas de mamans de bébés prématurés, le baby blues commencerait au
retour de l’enfant à la maison.
Vous pouvez me contacter a mjouffroy@hotmail.com pour plus d’informations.
2 pings
Vidéo sur la difficulté d’être mère - Le baby blues » Le baby blues
25 juillet 2012 à 18 h 13 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
[...] Cette maternité est la premiere a avoir ete creee pour aider les mamans en difficulte. [...]
La relation père fils - Le baby blues » Le baby blues
4 septembre 2012 à 21 h 35 min (UTC 2) Lier vers ce commentaire
[...] père a un rôle fondamental dans la construction et l’éducation de son fils dès la naissance jusqu’à l’âge adulte et particulièrement à [...]